Lettre ouverte en réponse aux déclarations du work council de KLM dans la presse néerlandaise.

Il est illusoire de penser que KLM tirerait mieux son épingle du jeu sans Air France.

Les syndicats d’Air France rejettent les allĂ©gations du comitĂ© d’entreprise de KLM selon lesquelles il pourrait ĂȘtre prĂ©fĂ©rable de faire cavalier seul chacun de son cĂŽtĂ©. Un rappel, en 2004 lorsque Air France a rachetĂ© KLM, cette derniĂšre Ă©tait quasiment en faillite. Depuis, grĂące Ă  l’alliance Air France-KLM, KLM a connu une croissance exponentielle en profitant amplement de l’accĂšs au marchĂ© français qui est trois fois plus important qu’aux Pays-Bas. Le marchĂ© français est, et reste l’un des plus grands, des plus attractifs et des plus lucratifs au monde, avec 89 millions d’arrivĂ©es internationales en 2018.

KLM bĂ©nĂ©ficie Ă©galement grĂące Ă  la force de vente commune avec Air France d’un accĂšs Ă©quivalent aux contrats lucratifs d’entreprise d’Air France. Sans cet accĂšs, la part de KLM dans les revenus du groupe serait bien moins importante.

Un constat s’impose donc : KLM ne pourrait pas ĂȘtre aussi attractive et lucrative sans accĂšs au marchĂ© français.

KLM tire également bénéfice de la communauté des équipes de ventes et du revenue management qui restent cependant dirigés par une direction issue de KLM.

Air France ne contrĂŽle ni ses propres investissements numĂ©riques, ni ses propres ventes dans le fret, ni mĂȘme ses propres revenus, KLM pense que c’est en quelque sorte normal. Et pourtant au sein du groupe, il existe deux trĂ©soreries distinctes, puisque KLM a toujours refusĂ© le « cash pooling » au niveau de la holding. Il n’y a donc jamais eu un seul euro transfĂ©rĂ© de KLM vers Air France, il est donc faux de penser que KLM « soutient » Air France. Air France finance seule tous ses investissements, y compris sa flotte, mais surtout finance Ă©galement majoritairement, Ă  hauteur de 60 %, l’ensemble des investissements communs du Groupe dont KLM bĂ©nĂ©ficie Ă©videmment. Tous les systĂšmes partagĂ©s entre les compagnies aĂ©riennes sont donc majoritairement financĂ©s par Air France. Ainsi que les expatriĂ©s internationaux qui sont Ă©galement majoritairement rĂ©munĂ©rĂ©s par Air France.

Il en ressort que sans Air France, KLM devrait payer plus du double pour maintenir le mĂȘme niveau d’investissement et de fonctionnalitĂ© qu’aujourd’hui.

Si le Work Council de KLM pense que ce « mariage » est tellement en sa dĂ©faveur et qu’il considĂšre que l’herbe est potentiellement plus verte ailleurs, il est peut-ĂȘtre temps de se poser objectivement la bonne question : est- il imaginable de bĂ©nĂ©ficier d’autant d’avantages en se sĂ©parant d’Air France et en s’associant Ă  d’autres partenaires ? Il faudrait avant tout un acheteur, sachant in fine que l’accord de la holding s’avĂšrerait indispensable puisque KLM demeure une filiale de AF-KLM.

De son cĂŽtĂ© Air France a prouvĂ© Ă  maintes reprises qu’elle a la volontĂ© et les moyens de survivre et a dĂ©jĂ  montrĂ© son engagement Ă  se transformer. Dans la difficile pĂ©riode que nous traversons, l’heure devrait ĂȘtre Ă  l’unitĂ© plutĂŽt qu’aux craintes et divisions. Nous appelons par consĂ©quent nos collĂšgues de KLM Ă  plus de mesure et retenue dans leurs dĂ©clarations. Quant aux collaborateurs d’Air France, ils sauront prendre les mesures nĂ©cessaires pour restaurer la grandeur de leur belle compagnie dans l’intĂ©rĂȘt tout entier du groupe AF-KLM.

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